Critique - L'Homme des Jeux cover image

Bonjour, suite au crash complet du blog, on va reprendre tranquillement. Il faudrait un post rien que pour expliquer ce crash et ce que j'ai raté dans ma config précédente, peut-être plus tard. J'ai mis pas mal de temps à me remotiver pour remettre des posts ici, merci à ceux qui m'y ont incité. Pour ce retour lors d'un Vendredi Lecture, partons dans l'espace avec Iain M. Banks et le second volume du Cycle de la Culture: "l'Homme des Jeux". Oui, il s'agit bien du deuxième tome contrairement à ce que certains pourront dire, "Une forme de guerre" est sorti en 1987 et "L'Homme des Jeux" en 1988.

Le pitch

La Culture est une société galactique, ou plutôt devrais-je dire un modèle de société panhumaine, une utopie mais à voir dans son sens étymologique "en aucun lieu". La Culture est en effet fortement décentralisée, mais pas désorganisée pour autant. La liberté y prévaut, la propriété personnelle n'a plus cours mais chacun n'y est pas nécessairement oisif. Il existe un système éducatif mais basé sur la volonté d'apprendre. L'obtention du diplôme n'y est pas automatique et les débouchés se font au mérite (franchement, rien que sur ça je pourrais m’épancher un bon moment mais passons). Cette société est très vaste, peuplant de nombreux mondes, vaisseaux spatiaux aux dimensions parfois gigantesques ou encore stations orbitales. Les humains y côtoient d'autres espèces humanoïdes ou non, les drones sont des êtres à part entière étant donné les progrès en intelligence artificielle (là aussi je pourrais approfondir vu comme le sujet est actuel et l'approche différente de celle d'Asimov) et les manipulations génétiques sont monnaies courantes (glandes pouvant synthétiser diverses drogues, améliorations physiques, changements de sexes...). Chaque livre du cycle de la Culture se focalise sur une histoire en particulier, le tout formant ainsi une vision plus globale.
Après cette grosse introduction, passons à ce tome précisément. Dans cette société, Jernau Morat Gurgeh est un joueur de jeux. C'est à dire qu'il passe son temps à éprouver son intellect au travers de multitudes de jeux. Jernau Gurgeh est l'un des meilleurs joueurs de la Culture mais reste un solitaire. Un jour, lors d'une partie avec une jeune prodige, une mauvaise décision va le propulser dans les griffes de la branche Contact de la Culture, branche obscure, relevant pratiquement de la légende urbaine et qui est en charge d'approcher les civilisations qui peuplent la galaxie avant de leur proposer d'intégrer la Culture. Contact veut que Gurgeh parte en voyage pour l'Empire d'Azad où le jeu éponyme régit toute la vie de l'empire. Gurgeh doit assimiler ce jeu, d'une complexité qu'il n'a jamais connue, durant son voyage afin de prendre part au traditionnel tournoi en tant qu'invité. Mais, l'Azad se trouve être bien plus qu'un jeu et Gurgeh est peut-être bien plus qu'un invité dans ce tournoi.

Mon avis

Tout d'abord, évacuons la question de pourquoi commencer par le tome 2 du cycle : tout simplement parce que je n'ai pas spécialement apprécié le tome 1 Une forme de guerre. Je les relirai peut-être tous et que je serais à présent plus sensible au message. De plus, dans ce tome 2, le point de départ est situé dans ce qui pourrait être le quotidien majoritaire des habitants de la Culture. Y sont décrit le style de vie, l'oisiveté ambiante mais pas totale, le système éducatif, l'absence de propriété sans que ce soit l'anarchie complète, la question des drones et de l'intelligence artificielle (ce livre date tout de même de 1988 et pourtant on est en plein dans la question 30 ans plus tard)... De ce point de départ dans une société utopiste, Gurgeh se retrouve dans une position où il peut perdre ce qui fait de lui lui-même : la vision que les autres ont de lui, ce qui au final est la seule chose qu'il possède vraiment et qui ne peut être cédé à un tiers. Par la force des choses, il accepte de quitter ce cocon pour découvrir une autre société dans ce qui peut s'apparenter à une fuite en avant. Et là, désolé de la platitude, c'est le choc des cultures. Au final, même s'il ne s'agit pas d'une guerre armée, il y a une confrontation des modes de vie de ces deux sociétés qui vont s'opposer. Alors bien sûr on est dans l'excès, des deux côtés d'ailleurs, l'empire tyrannique et despote contre la société utopique mais cet antagonisme ne se retrouve-t-il pas dans toutes les relations que l'ont peut avoir où chaque camp va exposer sa manière de voir les choses à l'autre?
Tout au long du voyage de Gurgeh, il se heurte à des concepts de vie qu'il n'a jamais rencontré, qu'il abhorre même, mais s'il se trouve dans une société qui perdure depuis des millénaires et qui se développe, ce système n'est-il pas lui aussi efficace d'une certaine manière? Toutes ces réflexions se retrouvent dans son voyage, dans les péripéties qu'il va rencontrer jusqu'à un dénouement grandiose.
J'ai également beaucoup apprécié les personnages. Jernau Gurgeh fait un peu figure d'ermite dans une société très sociable, son activité de joueur de jeux fait de lui plutôt un oisif (bien que je soupçonne la Culture de former ces joueurs de jeux pour pouvoir les utiliser comme stratèges si besoin). Les drones ont des vraies personnalités : Mawhrin-Skel est insolent et irascible, Chamlis Amalk-ney est plus aimable peut-être à cause de son grand age...
Le final est grandiose, on le sent s'installer bien sûr mais on est pris dans le tourbillon des actions qui se succèdent et on se détend sur les dernières pages qui forment la conclusion.

Conclusion

Histoire C'est prenant et original
Univers L'univers de la Culture est très vaste et si on se limite à ce tome on en a une petite partie seulement. Avec les autres tomes par contre c'est très très complet.
Personnages Un peu caricaturaux parfois mais chacun a une personnalité propre
Ecriture Ça se lit tout seul!
Foncez

Moi qui suis plus Fantasy que Science Fiction, j'ai totalement accroché à cette histoire, à l'univers de la Culture et à ce joueur de jeux qui se retrouve plongé dans un univers qu'il ne comprend plus, perdant ses repères.
Cette fois, on part pour la Librairie La Dimension Fantastique qui est spécialisée en SF, Fantasy et Fantastique où vous pourrez trouver la version poche en suivant ce lien.
N'hésitez pas à laissez vos commentaires également en bas de la page, bonne lecture!