Critique - Inferno cover image

Bonjour à tous, on va essayer de prendre un peu le rythme sur les mises à jour du blog. Pour cette revue, je vais refaire la revue perdue sur Inferno de Dan Brown, 4ème opus mettant en scène Robert Langdon (et pour le moment dernier paru jusqu'au mois prochain et la sortie de "Origin"). Parce que refaire exactement la même revue n'est pas intéressant, je vais y ajouter une partie sur l'adaptation cinématographique qui en a été faite à la fin de ce billet. La partie habituelle est garantie sans spoiler, peut-être un peu moins sur la partie film, vous êtes prévenus.

Le pitch

Un homme qui semble malade est poursuivi dans la rue et sur les toits puis se suicide.
Robert Langdon se réveille dans un hôpital et ne se rappelle rien des derniers jours qui sont passés. Comment ces deux événements sont-ils liés? Pourquoi Robert se trouve-t-il à Florence? De plus, pratiquement juste après son réveil on tente de le tuer dans sa chambre d'hôpital. S'en suit alors une nouvelle course poursuite au travers de Florence et du bassin méditerranéen. Très vite, Robert accompagné de Sienna Brooks, médecin dans l'hôpital où il s'est réveillé, vont être sur la piste de Bertrand Zobrist, un brillant scientifique qui tient un discours alarmant sur la surpopulation mondiale. Zobrist aurait mis au point un virus extrêmement puissant et a laissé des indices afin de le retrouver avant qu'il ne se propage. Ces indices font référence à l'Inferno, première partie de la Divine Comédie de Dante Alighieri, et à la peste noire.
Robert sera-t-il assez rapide pour échapper à ses poursuivants, quels qu'ils soient, et pour retrouver le virus avant qu'il ne soit libéré ? Qui sont ses alliés et ses ennemis ?

Mon avis

A la différence des autres aventures de Robert Langdon, on est ici directement plongé au cœur de l'action dès les premières pages. L'origine de la "quête" se dévoile au fur et à mesure, permettant d'éviter les longueurs de la mise en place. D'autant plus qu'on commence à le connaitre le professeur Langdon donc bon... Le thème ensuite tourne beaucoup moins autour de la religion, le symbolisme est toujours le fil conducteur de la course contre la montre de Robert et de son acolyte mais le problème semble plus réel, ayant plus d'incidence sur la vie de tout à chacun. En effet, il ne s'agit pas d'une seule religion mais bien d'un problème global. Si le virus se répand, tout le monde sera touché. L'une des grandes inconnues étant également que l'action du virus de Zobrist est inconnue mais les références à l'Enfer de Dante ainsi qu'à la peste noire font craindre le pire.
Dans ce tome, il y a également une réflexion sur l'action de l'Homme sur la Terre, du phénomène d'explosion démographique et de la surpopulation mondiale. Ce problème est réel, il ne faut pas se mettre des œillères et Zobrist se considère comme un humaniste car il pense réellement que son virus va permettre à l'espère humaine d'être sauvée sur le moyen terme. Là où d'autres pensent voyage spatial et colonisation planétaire, Zobrist estime qu'il faut faire quelque-chose à l'échelle mondiale très rapidement et son virus est la réalisation de cette vision.
L'amnésie de Langdon permet également de brouiller pour le lecteur qui sont ses alliés et ses ennemis. Il ne s'agit que de 36 heures mais cela est suffisant pour créer la confusion dans son esprit et puisqu'il est poursuivi dès le départ, il n'a pas assez de temps pour faire le tri. Cela participe au sentiment d'urgence général. D'autant plus que, comme dans les autres opus cette fois, certains jouent double jeu.
Enfin, le final est à mon sens le meilleur des 4 tomes de la saga Robert Langdon. Suspens jusqu'au bout, révélations sur les protagonistes, le virus... Je n'en dit pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise mais j'ai trouvé que cette fin laissait plus de place à la réflexion personnelle et à se demander ce que nous aurions fait, l'opposition du Bien et du Mal ayant au final une palette complète de nuances.

Conclusion

Histoire La course contre la montre est toujours aussi prenante
Univers Contemporain, un peu de politique et de groupes secrets
Personnages Robert est toujours le même, certains autres personnages sont pas mal mais pas attachants pour autant
Ecriture Le pages se tournent rapidement, c'est fluide
Je recommande

L'adaptation

Attention, quelques spoilers dans cette partie à cause de certains sous-entendus! On y va? Vous êtes sûrs? Je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir du livre mais si vous y tenez.
J'ai pu voir l'adaptation à la faveur d'un voyage en avion et soyons clair, heureusement que je n'ai pas payé la place de ciné pour voir ça!
Au début tout se passe bien, on colle au livre. Bien sûr il y a quelques adaptations inhérentes à la mise en images d'un roman qui doit rentrer en 2 heures de film mais elles ne sont pas spécialement choquantes. Toute la traque du virus est très proche du roman, les symboles sont là, les étapes également. Par contre, quelque part vers 1h20 de film je dirais, on voit que l'histoire diverge. Les agissements du Consortium ne suivent plus du tout ceux du livre, ça encore ça peut passer. Mais ensuite, toute la relation avec Sienna Brooks est différente, l'action du virus est totalement éludée (et pourtant je trouve que c'est le morceau qui donne le plus de profondeur à la réflexion dans ce tome) et la scène finale bascule dans le tout hollywood à base de grosse baston, de flingues et même d'explosions (au moins celles-ci sont limitées, Michael Bay devait pas être dispo) et d'une fin plutôt happy ending là où le roman est beaucoup plus nuancé. En gros, je suis déçu que ce qui fait l'originalité de ce tome par rapport aux précédents ait été totalement sacrifié pour en faire un film "américain". J'étais même tellement étonné par ces différences que j'ai relu la fin du livre en me disant que je me mélangeais deux romans.
Autant les adaptations du Da Vinci Code et de Anges et Démons respectaient l'oeuvre, autant ici pas du tout et c'est non seulement dommage pour le spectateur mais également irrespectueux vis-à-vis de l'auteur quand ça en arrive à ce point...